Le plus grand peintre de son siècle, dont l'Espagne et la France ont célébré cette année le 50e anniversaire de la disparition, avait fait du nord de l'Espagne le terreau de son génie. Les traces du jeune Pablo y sont toujours flamboyantes. En avril, le grand reporter du Figaro, Philippe Viguié-Desplaces et le photographe Éric Martin, étaient dans la Barcelone de 1900 en sépia de Pablo Ruiz Picasso, ado au pantalon bouffant et aux idées très larges, semblait conçue pour enfanter le talent. Celui de Gaudí, Domènech i Montaner, Puig i Cadafalch… entre autres virtuoses du modernisme catalan. Il a encore 13 ans, mais étonnamment précoce, il est doué d'un sacré coup de crayon, enseigné par son père, professeur des beaux-arts à Málaga. D'un sacré coup de reins aussi. Car à peine pubère, Picasso fréquente les maisons closes, entraîné par son condisciple Manuel Pallarès, de cinq ans son aîné, l'ami qu'il conservera toute sa vie. Les quartiers proches du port sont alors un coupe-gorge, qu'on traverse les poings serrés. De ce cloaque contrasté et de la fréquentation des arènes naîtront deux des grands thèmes qui dominent la peinture de Picasso, l'érotisme et la tauromachie...
LeFigaro
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